Revue trimestrielle · T3 2026 Tous les numéros
Le coût de construction en zone CEMAC : un frein structurel que les investisseurs et les bailleurs sous‑estiment

Principaux messages
- Le ciment coûte 2,3 fois plus cher à Bangui qu’à Douala.
- 2026 aggrave l’écart, et l’aide qui absorbait ce surcoût se retire.
- Le relais viendra, s’il vient, de capitaux locaux, et seulement si l’investissement rémunère un coût du capital minimum d’environ 10 %.
- Le coût de construction est le premier verrou, et il est structurel. Le sac de ciment de 50 kg coûte 10 750 FCFA (16,4 €) à Bangui contre 4 650 FCFA (7,1 €) à Douala ou 3 725 FCFA à Dakar en moyenne. La RCA ne produit pas son ciment et dépend d’un seul corridor pour plus de 80 % de son commerce extérieur.
- Le marché est coupé en deux. D’un côté, de grands projets financés de l’extérieur, peu sensibles aux prix (corridor Douala-Bangui : 1,12 Md USD). De l’autre, un marché de masse laissé de côté : au Cameroun, 97 % de l’habitat relève de l’autoconstruction (CAHF 2024), et le logement social public coûte environ 175 000 FCFA/m².
- L’aide qui masquait ce surcoût se retire. L’aide publique au développement a baissé de 23,1 % en 2025 (174,3 Md USD) et l’OCDE attend une baisse supplémentaire de 5,8 % en 2026. Les marchés ne prennent pas le relais : aucun pays CEMAC n’est investment grade, et le Cameroun a emprunté à 10,125 % en janvier 2026.
- 2026 alourdit la facture. Le détroit d’Ormuz est fermé depuis début mars (guerre déclenchée le 28 février) ; le Brent a clôturé à environ 98 USD le 30 septembre, contre environ 72 à 73 avant la crise. Le dollar, monnaie de facturation des matériaux importés, a gagné 5,6 % face au FCFA entre le 27 janvier et le 30 septembre.
- Le relais viendra de trois sources, à une condition. Les sources : l’épargne institutionnelle, la diaspora, le crédit. La condition : un foncier titré, sans lequel il n’y a ni garantie ni crédit. Le capital local existe (plus de 2 100 Md USD gérés par les institutionnels africains, selon la BAD), mais plus de 80 % est placé en titres publics. Pour s’en détourner, un logement locatif devra offrir plus de 10,1 %, repère imparfait puisqu’il s’agit du rendement auquel l’État camerounais a emprunté en dollars en janvier 2026.
Recevoir la revue complète
Le résumé est en accès libre. L’inscription à la revue complète (graphiques et annexes) ouvrira prochainement.
D’ici là, demandez-la par e‑mail : nous vous l’envoyons.
Demander la revue par e‑mail